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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 22:21

Le vendredi 7 juin 2013 à la Godinette se produisait en concert Dominique Brune.

Une voix de baryton, les textes des plus grands :  Brel, Barbara, Ferré, Lama, Brassens, Bernard Lavilliers..., des gestes de théâtreux, et une grande gentillesse, voilà de quoi charmer le public.

 

affiche-brune9.jpg


A ne pas manquer s'il passe par chez vous.

Voici quelques dates de ses concerts, à vérifier quand même.

 

Dimanche 23 Juin La Chapelle d’Hillion (22)

Dimanche  30 Juin     Les Gravelines  (59)

Vendredi 2 Août        Larmor Plage (56)

Vendredi 6 septembre      Baule (45)

Jeudi 26 Septembre         Redon (35)

Samedi 12 et Dimanche 13 Octobre  Vigneux (91)

Dimanche 1er Décembre         Saint-Grégoire (35)

 

J'ai eu le plaisir de réaliser son affiche de" Brel à Brune ", selon ses idées, ses envies, ses conseils, en un temps record : un week end.

Je la trouve très belle cette affiche, elle représente bien l'artiste qu'il est..

 

 

 

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 18:00

Des mots, des vers, de la  musique au rythme des marées.


 

Il est passé à la Godinette, invité par Art'Rovazil, le samedi 23 mars et ce fut une belle soirée, un temps très fort plein d'émotion.

Alain ne peut laisser indifférent, son écriture est forte, ses textes engagés, il chante l'amour, la révolte, il crie, il gueule, il pleure et nous touche au plus profond de nous.

 

Merci Alain pour cette merveilleuse soirée...


 

_MGL4274.jpg

 

 

 

 

 

 

 

photo prise à Dol aux Hivernales Musicales, le 26 novembre 2012

 Alain et Léo, qui dira de lui : "Aurenche est un orage de sympathie qui vous arrache ce qui vous reste de sensible".

 


 

 


 Et si vous entendez parler d'Alain Aurenche, d'une date, d'un lieu où il passerait, n'hésitez pas à me le faire savoir...Merci.

 

 

MARESE      Alain Aurenche

J’ai perdu mes oiseaux
D’azur
Et d’illusions
J’ai perdu mes chevaux
De glaive
Et de passions
J’ai perdu mes bateaux
D’air pur
Et d’évasions
J’ai perdu mes châteaux
De rêve
Et d’ambitions…

Sur les rocs d’Ouessant
Poussent d’étranges fleurs
Et les fous de Bassan
Ont changé de couleur
Le ciel est menaçant
Sur les marins pêcheurs
Et les navires passant
Dans la passe font peur

J’avais des ciels de traîne
Peuplés de cerfs-volants
Que retenaient, captifs
Des gamins d’outre-mer
J’avais les poches pleines
De coquillages blancs
Pêchés sur les récifs
Qui me chantaient la mer
J’avais juste seize ans
Et tu en avais treize
Tu m’offrais l’océan
De tes yeux verts, Marèse

Sur les rocs d’Ouessant
Poussent d’étranges fleurs
Et les fous de Bassan
Ont changé de couleur
Sur le granit blessant
Les lames en fureur
S’éteint l’or dans le sang
De l’horizon qui meurt

 

 

 

 

J’avais des chevauchées
Dans les soirs fabuleux
Vers des champs de mois d’août
Eclaboussés d’or pâle
Et des trésors cachés
Dans l’infini d’un bleu
Mystérieux et d’où
M’arrivait mon étoile
Ton souvenir me vient
Comme un souffle à la braise
Et ma mémoire te tient
Pour un instant Marèse

Sur les rocs d’Ouessant
Poussent d’étranges fleurs
Et les fous de Bassan
Ont changé de couleur
La marée qui descend
Libère d’âcres senteurs
Et les vieux d’Ouessant
Emprisonnent des pleurs

Tu m’avais fait seigneur
D’un pays lumineux
D’un royaume inventé
Par une souveraine
J’avais le ciel rieur
Au miroir de tes yeux
Tout au long d’un été
C’était là mon domaine
Les années ont passé
Les bonnes, les mauvaises
As-tu bien traversé
Tout ce temps-là, Marèse…

J’ai perdu mes oiseaux
D’azur
Et d’illusions
J’ai perdu mes chevaux
De glaive
Et de passions
J’ai perdu mes bateaux
D’air pur
Et d’évasions
J’ai perdu mes châteaux
De rêve
Et d’ambitions…

 

 

 

 

 

 


 

 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 16:55

J'ai découvert avec plaisir, il y a quelques temps un album, que je vous propose à l'écoute... 

La voix est merveilleuse, les paroles, les textes d'une grande sensibilité féminine, et l'accompagnement musical de grande classe, c'est un univers de balades au fin fond des temps, à travers des forêts et des plaines givrées, où les amants et les fées s'y perdent... pour notre plus grand plaisir.


J'ai beaucoup aimé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

nataliepetite.jpg

 

 

Natalie Kotka sera en concert le 1er décembre 2012 à 21 heures à la Godinette de Romazy 35, invitée par l'association Art'Rovazil.

Natalie vient de sortir son premier disque "Tombée du balai"

Natalie est accompagnée au piano par le jeune virtuose Nicolas Urtreger et par le non moins talentueux Philippe Urtreger à la guitare et à la contrebasse.


 

Venez l'écouter, vous ne le regretterez pas...

Et pour en savoir plus vous pouvez aller sur son site : Natalie


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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 13:01

 

 


Voici une vidéo de Noir Désir interprétant une chanson de  Léonard Cohen "The Partisan" de l'album " Songs from a room".

 

Cette version n'est pas signée Noir Désir mais 16Horsepower avec Bertrand Cantat au chant, album Low Estate de 1997

J'aime beaucoup la version de Cohen, mais celle de Noir Désir est à mon avis sublime, forte en émotion.

 

Cette chanson a été écrite en 1943 par Emmanuel d'Astier de la Vigerie et la musique est de Anna Marly. La chanson devient populaire dans les années 50. Puis passe dans l'oubli.

Léonard redonnera vie à cette complainte en 1969 avec sa version: " The Partisan"


Hy Zaret fut le premier à déposer un copyrigh, pour la chanson de Marly et d'Astier.

 

Voici le texte:

Paroles : Emmanuel d'Astier de La Vigerie.
Musique : Anna Marly
écrit en 1943, à Londres.


Refrain:

J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière.  
 
COMPLAINTE DU PARTISAN

Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme.
 
Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage.

J'ai changé cent fois de nom
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
L¹ennemi l'a su (Les Allemands l'ont pris)
Il est mort sans surprise.

Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières.
 
Le vent souffle sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera
Nous rentrerons dans l'ombre

A noter que la version de Zaret comprend une strophe de moins que l'original, la strophe suivante ayant été éludée :

Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage.

Joan Baez la réintroduira dans sa propre version
Léonard a souvent dit que l'adaptation de Zaret avait accompagné les veillées des colonies de vacances ou camps de jeunes auxquels il participa.
 

 

 



Léonard a dit "Une idée curieuse s'est un jour formée en moi, je me suis dit que les nazis ont été renversés par la musique ".

 
 
 

 
 
45 tours "The Partisan"
Bonne écoute.

 


  

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 13:47

Pour le plaisir, l'amour et l'émotion une chanteuse à découvrir...

 

 

Le texte : Infidèle est de Patrick Fon.

Je suis de celles qui attendent
Le fils du prince Charmant
Qui doit chevaucher sur la lande
Le fils du cheval blanc
Mais j´attends depuis ma grand-mère
J´ commence à m´inquiéter
"Attends...", m´a dit hier soir ma mère
"Il ne va pas tarder"

D´accord, mais j´aimerais qu´il se magne
Qu´il accélère le train
Ce descendant de Charlemagne
Qui doit saisir ma main
Car à vingt ans, j´aimerais faire
Ce que vous devinez
"Attends!" M´a dit hier soir ma mère
"Il ne va pas tarder"

Tous les matins, à ma fenêtre
Je scrute le sentier
Je scrute, et ne vois rien paraître
J´en ai marre de scruter
Si les carottes ont fait l´affaire
- Co... comment? qu´est-ce que...
Maintenant, j´en ai assez
- Est-ce que j´ai compris ce que j´ai compris?
"Attends!" M´a dit hier soir ma mère
"Il ne va pas tarder! Patience!"

Dès qu´il va mettre pied à terre
Je vais lui sauter d´ssus
- C´est pas des manières, ça, Charlotte!
L´a intérêt à m´ satisfaire
- On saute pas comme ça sur les gens!
Car j´ai la rage au cul
- La quoi? La quoi?
J´ai eu trente ans la nuit dernière
- La... la quoi?
Je commence à m´ faire chier
"Attends!" M´a dit hier soir ma mère
"Attends, écoute, tu vas... on va trouver une solution.
On va trouver une solution!"

Quand j´ pense à tous les hommes qui veulent
Me prendre pour moitié
Et qui se foutent de ma gueule
En me voyant faner
Mais enfin, que peut-il donc faire
- Ah, ça, j´ sais pas, hein!
Cet espèce de pédé?
"Attends!" M´a dit hier soir ma mère
"Il ne va pas tarder! Il arrive! Il est là!"

J´ai quarante ans et zut et crotte
Le fils du jardinier
- Ah, non! Pas lui!
M´a crié "J´ te veux, Charlotte!"
- Ah! Non! Ah pas lui!
Je n´ai pas résisté
Ce n´est pas au fond d´une litière
Que nous avons fauté
Mais sur la tombe de ma mère
- Ah, non! Charlotte!
Qui était une attardée
- Ma fille! Ma p´tite fille!
Ma p´tite fille! Moi, me faire ça!
À sa mère! Qui lui a tout donné!
 

Bonne écoute ...
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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 16:08

plume d'ange  

            

Voici un texte de 15 minutes de Claude Nougaro "Plume d'Ange", de 1977, arrangé par Jean Claude Vannier.
Un pur chef d'oeuvre. Un conte musical, philosophique qui s'écoute d'une traite avec passion. C'est beau, c'est fou, à écouter...

Parole de Plume D'ange:
Vous voyez cette plume ?
Eh bien, c'est une plume... d'ange
Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l'air.
J'ouvre les yeux, que vois-je ?
Dans l'obscurité de la chambre, des myriades d'étincelles... Elles s'en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques,
un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l'accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les grands aile
s de lait.
Comme une flèche d'un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :
"C'est une plume d'ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu'un seul humain te croie et ce monde malheureux s'ouvrira au monde de la joie.
Qu'un seul humain te croie avec ta plume d'ange.
Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. "

Et l'ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d'extase, lissant la plume, la respirant.
En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d'une passion néfaste.
J'allume, je la réveille :

"Mon amour, mon amour, regarde cette plume... C'est une plume d'ange ! Oui ! un ange était là... Il vient de me la donner... Oh
ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse... Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et t
u vas voir... le monde ! "
La belle, le visage obscurci de cheveux, d'araignées de sommeil, me répondit :
"Fous-moi la paix... Je voudrais dormir... Et cesse de fumer ton satané Népal ! "
Elle me tourne le dos et merde !

Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l'Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considér
ation admirative.
Je sonne.
Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidais mon sac biblique, mon oreiller céleste :
"Tu m'entends bien, André, qu'on me prenne au sérieux et l'humanité tout entière s'arrache de son orbite de malédiction guerroy
ante et funeste. A dégager ! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent ! "
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m'entraîna dans la cuisine et devant un café, m'expliqua que m
oi, sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
Le repos... L'air de la campagne... Avec les oiseaux précisément, les vrais !

Je me retrouve dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire ? Que faire ?
" Monsieur l'agent, regardez, c'est une plume d'ange. "
Il me croit !
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s'aplatissent. Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs
volants et s'embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux !
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci ? La petite dame ?
Et soudain l'idée m'envahit, évidente, éclatante... Abandonnons les hommes !
Adressons-nous aux enfants ! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.
Les enfants... Oui, mais lequel ?
Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de
visages d'enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais... Le vent de mes pas feuilletait Paris... Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent... Les escaliers de Montmartre. Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Ce
nis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
Faussement paternel, j'attends, moi aussi.
Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en min
ois, quêtant une révélation.
Sur le seuil de l'école, une petite fille s'est arrêtée. Dans la vive lumière d'avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un
peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j'ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle les escaliers de la Butte.
A quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.

Le lendemain je revins à la sortie de l'école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
Elle s'appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l'aborder. Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée,
ma pâleur mortelle, vitale ?
Alors, qu'est-ce que je fais ? Je me tue ? Je l'avale, ma plume ? Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste ?
Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
J'ai précipité mon pas, j'ai tendu ma main vers la tête frisée... Au moment où j'allais l'atteindre, sur ma propre épaule, une
pesante main s'est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau : "Suivez-nous."

Le commissariat.
Vous connaissez les commissariats ?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich...
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait les r :
" Asseyez-vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous. Alors comme ça, on suit les petites filles ?
- Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m'a fait m'approcher de cette enf
ant.
Je sors ma plume et j'y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
- Fanny, j'en suis certain, m'aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c'était fi
ni, envolé !
- Voyons l'objet, me dit le commissaire.
D'entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
- C'est de l'oie, ça..., me dit-il, je m'y connais, je suis du Périgord.
- Monsieur, ce n'est pas de l'oie, c'est de l'ange, vous dis-je !
- Calmez-vous ! Calmez-vous ! Mais vous avouerez tout de même qu'une telle affirmation exige d'être appuyée par un minimum d'en
quête, à défaut de preuve.
Vous allez patienter un instant. On va s'occuper de vous. Gentiment hein ? gentiment. "

On s'est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l'on m'héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s'ébattent ou s'abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine. C'est un vieil
homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement le
s bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J'ai fini par m'approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd'hui, nous sommes amis. C'est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu'il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c'est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les m
ystiques, les métaphysiques, les philosophies s'unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.

Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l'eau fraîche et limpide de l'intelligence alliée
à l'amour, je remonte.
Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des noix, de grosses noix qu'il brise d'un seul coup
dans sa paume, crac ! pour me les offrir.

Un jour où il me parle d'ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l'écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l'ange t'a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c'est lui, il est là, dev
ant toi !
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
" Quel magnifique spécimen de plume d'ange, vous avez là, mon ami.
- Alors vous me croyez ? vous le savez !
- Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s'y méprendre.
Je puis même ajouter qu'il s'agit d'une penne d'Angelus Maliciosus.
- Mais alors ! Puisqu'il est dit qu'un homme me croyant, le monde est sauvé...
- Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
- Vous n'êtes pas un homme ?
- Nullement, je suis un noyer.
- Vous êtes noyé ?
- Non. Je suis un noyer. L'arbre. Je suis un arbre. "

Il y eut un frisson de l'air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l'épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturi
sé, l'ange malicieux qui m'avait visité.
Tous les trois, l'oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps...
Le fou rire, quoi !


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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 16:11

 

trucages.jpg

 

 

Il y a quelques temps, la recherche d'emploi m'amenait sur Nantes, et cette magnifique chanson de Barbara, me revenait en tête, " Nantes "

J'ai recherché avec mon GPS, cette rue que chante Barbara : "25 rue de la grange au loup" et, miracle je l'ai trouvée. Je me suis garée pas très loin de cette rue et à peine descendue de ma voiture, un monsieur, m'indiquait le lieu et me racontait la naissance en 1986 de cette voie nantaise que les vignes entourées alors.

Depuis les prometteurs sont passés aussi par là et ont construits un immeuble en béton au 25 rue de la grange au loup.

 

 

Maintenant ,je vous laisse découvrir cette chanson.

Et allez faire un tour à Nantes un jour de pluie, au 25 rue de la grange au loup.

 

 



Il pleut sur Nantes, donne-moi la main
Le ciel de Nantes rend mon coeur chagrin

Un matin comme celui-là, il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard lorsque je sortis de la gare
Nantes m'était encore inconnue, je n'y étais jamais venue
Il avait fallu ce message pour que je fasse le voyage

"Madame soyez au rendez-vous, vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Faites vite, il y a peu d'espoir, il a demandé à vous voir"

A l'heure de sa dernière heure, après bien des années d'errance
Il me revenait en plein coeur, son cri déchirait le silence
Depuis qu'il s'en était allé, longtemps je l'avais espéré
Ce vagabond, ce disparu, voilà qu'il m'était revenu

Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup, je m'en souviens du rendez-vous
Et j'ai gravé dans ma mémoire cette chambre au fond d'un couloir

Assis près d'une cheminée, j'ai vu quatre hommes se lever
La lumière était froide et blanche, ils portaient l'habit du dimanche
Je n'ai pas posé de questions à ces étranges compagnons
J'ai rien dit, mais à leurs regards, j'ai compris qu'il était trop tard

Pourtant j'étais au rendez-vous, vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Mais il ne m'a jamais revue, il avait déjà disparu

Voilà, tu la connais l'histoire, il était revenu un soir
Et ce fut son dernier voyage, et ce fut son dernier rivage
Il voulait avant de mourir se réchauffer à mon sourire
Mais il mourut à la nuit même sans un adieu, sans un "je t'aime"

Au chemin qui longe la mer, couché dans le jardin des pierres
Je veux que tranquille il repose, je l'ai couché dessous les roses
Mon père, mon père

Je cherche aussi, encore et toujours : la rue de la grange aux belles ! de Jean Max Bruat.
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:12

     En écoutant Julien Clerc, chanter : " A quoi sert une chanson si elle est désarmée ?" avec les mots d' Etienne Roda Gil, je me posais la question aussi, à quoi sert l'artiste ?

A quoi sert son tableau ? Son oeuvre, son poème...?


Que représente l'artiste dans ce monde ?

 

Être témoin de son époque, bien sur mais peut être plus : faire rêver, faire réfléchir, éveiller l'esprit, la pensée et le coeur...


 


Voilà maintenant écoutez sa chanson...

 

 

"A quoi sert une chanson
Si elle est désarmée?",
Me disaient des chiliens,
Bras ouverts, poings serrés.

Comme une langue ancienne
Qu'on voudrait massacrer,
Je veux être utile
À vivre et à rêver.

Comme la lune fidèle
A n’importe quel quartier,
Je veux être utile
À ceux qui m’ont aimé,

À ceux qui m’aimeront
Et à ceux qui m’aimaient.
Je veux être utile
À vivre et á chanter.

Dans n’importe quel quartier
D’une lune perdue,
Même si les maîtres parlent
Et qu’on ne m’entend plus,

Même si c’est moi qui chante
À n’importe quel coin de rue,
Je veux être utile
À vivre et á rêver.

À quoi sert une chanson
Si elle est désarmée?


Et une autre chanson de Julien Clerc, qui parle d'amour, bien joliment...

Elle n'est pas donnée à tout le monde
La chance de s'aimer pour la vie
10 ans 10 mois 10 secondes
Et nous voici
A plonger dans les eaux troubles
De mes souvenirs lointains
Si quelquefois je vois double
C'est que l'enfance me revient

Double vie double silence
Double sens et double jeu
Silencieux le coeur balance
Pourquoi les parents sont-ils deux
On voit du pays on voyage
Chaque semaine et chaque été
Des souvenirs qui déménagent
Et qu'on ne peut pas raconter...

{au Refrain}

Deux maisons, deux quartiers
Deux gâteaux d'anniversaire
Multiplier les pères et mères
N'a pas que des mauvais côtés
Avant les autres j'aurais su
Que le seul sentiment qui dure
C'est le chagrin d'une rupture
Où je n'aurais jamais rompu
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 21:35

Après une soirée cabaret bien chaleureuse passée, en hommage, en souvenir de Georges Brassens, ce vendredi soir 21 octobre 2011, à Rimou, j'avais envie de vous faire écouter une chanson de Georges que j'aime particulièrement... A écouter avec l'émotion de votre coeur, de vos souvenirs...

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 13:13

 

 

 

Une chanson, un texte à écouter...

 

 

C'est la musique d'un film, que j'ai du voir à la télé en 1983,  sur le racisme, je ne me souviens plus beaucoup du film, mais la chanson me revient encore...

Ecoutez là, c'est très beau...

 

 

 

Cette chanson  est chantée par un groupe de 3 femmes, DJURDJURA, c’est un chœur de femmes originaires de Kabylie aux voix limpides, harmonieuses mais revendicatrices. Elles chantent la femme algérienne, et plus généralement la femme maghrébine, ses aspirations, ses refus, ses espoirs, la dure réalité qu’est celle de l’immigré confronté à ce qu’il croyait être Miracle de la Terre Promise et ne s’avérera que Mirage.  Au début des années 80, à l’occasion de la diffusion d’un téléfilm « Pas perdus » du réalisateur J.-Daniel Simon,  elles ont créé « Le roi du balai ». C’est du reste, avec « Identité » l’une des deux seules chansons de leur répertoire interprétées en langue française ( du moins pour le refrain ). D’ordinaire, DJURDJURA s’exprime en langue berbère.
 
Tu es Hamed, le roi du balai

T’ es l’étranger qu’personne connaît.



Tu es Hamed, te voilà perdu

Dans une ville, une rue.

Tu cherches quelqu’un , qui veut te parler

Qui te dira la vérité.



Tu es Hamed, le roi du balai

T’ es l’étranger qu’personne connaît.



Ca fait vingt ans que t’es arrivé

Dans ce pays où t’es paumé.

Tu passes ton temps à leur expliquer :

J’veux pas l’aumône, j’veux travailler.



Tu es Hamed, le roi du balai

T’es l’’étranger qu’personne connaît.



Dans ton destin, y’avait un balai

Qui t’rendait triste, qui t’rendait gai.

Ton balai, tu n’l’as jamais quitté

Il te rendait ta dignité.



Tu es Hamed, le roi du balai

T’es l’étranger qu’personne connaît.



Tu es Hamed, le roi du balai

Depuis vingt ans, tu sais c’que c’est.



Tu es Hamed, le roi du balai

T’es l’étranger qu’personne connaît.
 

le roi du balai

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